Les Croix, le corbillard à Estrablin autrefois


L’association Estrablin Historique a été créée en juillet 2022. Lors des réunions mensuelles, nous évoquons le passé de notre commune, à partir de discussions, de documents apportés par des membres de l’association. Lors de notre dernière réunion, nous avons abordé l’implantation des croix sur notre commune dont certaines ont disparu à cause de leurs assemblages en bois.
Notre petit exposé apportera quelques informations concernant la croix chez Jean Jullien au numéro 21, à l’intersection de la route du Badoit et de la route des Allobroges en direction de Moidieu et quelques généralités sur les croix.
La croix chez Jean Jullien a dû être déplacée, en recul, lors de la réfection du petit hangar, et aussi dégager de la visibilité de ce croisement. Jean Jullien, propriétaire de la maison entretient les abords de la croix.
Cette croix se compose d’un socle en pierre, hauteur 1,2m, largeur 0,4m épaisseur 0,2m posé sur un socle en béton plus une sur largeur sur le haut et bas. La croix en fer forgé mesure environ L,8m et l’ensemble fait 3m de haut.

lnscription sur le socle « MISSION 1898 » au-dessous « DAUPHIN » qui devait être le concepteur. Elle a été déplacée suite à l’alignement de la route et un pan coupé pour son centenaire en 1998. Sur le côté droit de cet édifice, est apposé un bénitier récupéré par Jean Jullien à ce qui devait être le jardin des Dames de St André ; il est en molasse. Suite à son déplacement, Jean Jullien a repeint la croix en noir, ce qui devait être sa couleur d’origine.


Des interrogations restent sans réponse :

Pourquoi des missions, leurs fréquences ?

Mission – missionnaire – avaient-ils un rôle particulier ?

Comment se déroulait la mission ?

Donc le plus souvent des croix se trouvaient dans les hameaux à la croisée des chemins. Dans nos souvenirs d’enfance, nous nous rappelons des rassemblements devant les croix lors des funérailles. Le corbillard était tiré par un cheval. Le cortège marchait à l’arrière du corbillard. Si le domicile du défunt ne se trouvait pas très loin de l’église, le prêtre accompagné de deux enfants de choeur se plaçait à l’avant du corbillard et le cortège prenait la direction de l’église. Si la maison du défunt se trouvait éloignée de l’église, le prêtre et les enfants attendaient l’arrivée du corbillard qui marquait un temps d’arrêt. Le prêtre bénissait le corps et le cortège repartait jusqu’à l’église. Le corbillard a été le précurseur des pompes funèbres d’aujourd’hui. Pour la commune d’Estrablin,
Germain Tournier et Jules Baule assuraient cette mission. lls fournissaient leur cheval de trait bien harnaché, pour tracter le corbillard sur les montées et descentes des routes non goudronnées. Le corbillard était de couleur moire, la partie basse était réservée au cercueil et la partie haute aux fleurs suivant le défunt : homme, femme, enfant.
Le cercueil était confectionné par la menuiserie Manin, montée de l’église, et les dimensions étaient prises avec un bâton de noisetier; ce n’était pas du standard. Le cercueil était recouvert d’un drap noir si le défunt faisait partie d’une association : musique, St Vincent, anciens combattants. La famille contactait quatre personnes, souvent du quartier pour tenir le coin du drap et qui marchaient deux par deux de chaque côté du corbillard. Nous savions le plus souvent le jour et l’heure des funérailles. Lors du déplacement les pas du cheval se mêlaient aux bruits des roues sur les cailloux ; bruits qui résonnaient dans nos têtes.
Le transfert du cercueil depuis la sortie de l’église jusqu’au cimetière était assuré par des voisins, des conscrits, appelés porteurs, et choisis par la famille du défunt.
Un local situé derrière l’actuelle salle Paul Guicherd servait d’abri au corbillard.

  • Texte de Rémy Perrot et Jean Jullien

Les autres croix d’Estrablin

La croix du village….ou ce qui en reste est localisée derrière la Mairie d’Estrablin (information recueillie par Rémy Perrot auprés de Patrick Jallamon). cette croix figure entière sur une vieille carte postale d’Estrablin des années 50

Christian Jullien, référent de la commission Culte, nous apporte d’autres éléments dans sa présentation lors de l’Assemblée Générale du 13 juillet 2023: « Comme on le disait précédemment, les croix en bois ont moins bien résisté au temps. Parlons quand même de celle du logis neuf, visible depuis la D502, dont il ne reste que le socle » (ndlr voir photo ci dessous prise en 2023 de la croix du Logis Neuf)

cartographie des croix d’Estrablin

2 commentaires

  1. Mise à jour de l’article le 19 juillet suite à présentation de Christian Jullien , référent commission Culte , lors de l’AG du 13 juillet avec intégration photo du vestige de la croix du Logis neuf

    J’aime

  2. les missions ont eu lieu au cours du 19ème siècle dans un objectif de remobiliser les paroissiens éloignés de lé’glise après la révolution française

    J’aime

Répondre à estrablinh Annuler la réponse.