Un peu d’histoire d’ Estrablin

Estrablin est un village fort de son passé. Proche de Vienne la gallo-romaine, le territoire d’Estrablin sera rapidement occupé et exploité par l’homme. Ainsi les temps romains ont laissé de nombreuses traces. (Entre autres, une mosaïque à Estrablin).

Gardienne de l’eau, il est bon de rappeler qu’à l’époque romaine, Estrablin était la principale source d’approvisionnement en eaux abondantes et pures de la ville de Vienne. En effet, quatre des onze aqueducs apportant l’eau à Vienne venaient du territoire de l’actuelle commune d’Estrablin. Trois de ces ouvrages prenaient leur eau dans la nappe aquifère du bassin de la Gère: deux à Gémens, un à la Gabetière alors que le dernier aqueduc captait directement dans le ruisseau de la Suze depuis un barrage-réservoir que les romains avaient construit entre le Moulin de Malissol en amont et le confluent de la Gère en aval.

L’actuelle commune d’Estrablin est née de l’union de deux paroisses: Estrablin et Gémens.

Au Moyen Age, diverses industries vinrent s’installer au bord de la Gère: moulins à grains, battoirs à chanvres, papeteries… En 1452, le Dauphin Mouis, futur Louis XI de France légua le territoire de Gémens (appelé Gemma) à son valet de chambre, un dénommé Montaigu. En 1575, à Gémens une importante papeterie, appartenant à Jean-Jacques Gabet, approvisionne les nombreuses imprimeries de Vienne. A partir du XVIIIème siècle, les industries de Gémens disparurent peu à peu et, en 1721, la paroisse en déclin, fut supprimée et rattachée à celle d’Estrablin.

Né à Châtonnay, ce juge Viennois résidait dans une grosse bâtisse de la paroisse d’Estrablin que l’on appela depuis Gabetière (ndlr: la Gabetière fait partie des 10 habitations remarquables inscrites au PLU de la commune d’Estrablin). Protestant engagé, il fut impliqué dans les guerres de religion du XVIème siècle. En effet, après avoir pris une part active à la conjuration d’Amboise, Gabet fit célébrer, dans sa maison de Vienne, le premier prêche protestant de la région viennoise (janvier 1562). Il sera finalement abattu par les catholiques lorsque ceux-ci vinrent soustraire Vienne aux protestants, le 25 avril 1573 à Chatonnay, pays de ses ancêtres.

L’année 1867 marque un tournant pour la commune d’Estrablin puisqu’elle perd une partie de son territoire au profit de la nouvelle commune de Pont-Evêque, dont ma création fut décidée par la loi du 20 juillet 1867.

L’activité économique d’Estrablin va aussi changer entre les XIXème et XXème siècle. En effet, l’agriculture (blé, maïs, élevage de bovins) occuoe toujours une place importante dans les années 1980 où encore plus de 66% du territoire d’Estrablin lui est consacré. Une importante installation de stockage de céréales de la Coopérative Agricole Dauphinoise s’est implantée au lieu-dit de la Craz, en lieu et place d’une stéarinerie produisant bougies et savons. Cette dernière fournissait de l’emploi durant plusieurs décennies aux habitants du village jusqu’en 1958 où elle fut détruite par un incendie.

La démographie de la commune a aussi été bouleversée au cours des deux derniers siècles: 1308 habitants en 1881, 967 en 1962, 2738 en 1982 et 3640 en 2023. Cette évolution démographique tient surtout au fait qu’Estrablin tend de plus en plus à devenir une banlieue pavillonnaire de Vienne, nombre de foyers travaillant dans les régions viennoises ou lyonnaises s’y installent, appréciant le calme, la verdure mais aussi les équipements communaux et la vie associative trés active.

Ce condensé d’histoire a été rédigé par Roger Ragot à l’aide des écrits de Jean Mayoud en 1883, complétés plus tard d’un livre de Johannés et André Levet, édité en 2000. Notre association poursuit cette oeuvre de mémoire de notre village.