Château Guerre de 1600 à aujourd’hui

[article élaboré à partir des travaux de la commission Archéologie-Urbanisation, des écrits d’André Levet, des articles de Bernard Torgue dans Estrabl’infos et des documents aimablement prêtés par Hervé de Martène]

Vous avez pu lire deux articles concernant cette habitation classée en N°2 des habitations remarquables de la commune d’estrablin. Ceux ci ont été publiés respectivement dans:

Ceux-ci décrivent l’origine de la demeure, ses différents occupants depuis l’origine jusqu’à nos jours, la transformation de la bâtisse. La lignée des occupants actuels débute avec l’acquisition du Château par Léon Auguste Claret de Fleurieu en 1863. Son ascendance a été évoquée dans la revue , ainsi que le mariage de sa fille Germaine en 1882 avec Jean de Martène.

Les Martène sont originaires de Belgique. Ont-ils géré des salines avant de s’implanter, au XVème siècle en Bourgogne à Saint Jean de Losne ? Ils vont jouer un rôle important dans cette belle ville, frontalière à l’époque. Nous les retrouvons dans l’armée, dans la vie de la cité, dans le clergé. C’est dans cette ville, bien loin d’Estrablin, que la famille Martène s’illustrera au XVIIème et XVIIIème siècle. C’est notamment en raison d’un fait d’armes important que la famille a acquis ses lettres de noblesse, dont figure un extrait ci-dessous

Les armes de la famille de Martène : « D’azur à une épée d’argent posées en pal, la pointe en haut et ayant sa poignée d’or, accompagnée en chef de deux étoiles d’argent et en pointe d’un croissant de même couleur »

« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre : à tous présents et à venir salut : la Noblesse est la plus digne récompense dont nous puissions honorer ceux de nos sujets qui, soit par eux-mêmes, soit par leurs ancêtres, se sont rendus utiles à l’Etat. De ce nombre est notre cher et bien aimé le Sieur Claude Martène, maire de notre ville de Saint Jean de Laône, subdélégué de l’intendance de Dijon et élu général du Tiers-Etat de notre Province de Bourgogne. Claude Martène, son trisayeul jouissait dès 1636, dans la ville de Saint Jean de Laône, de la plus grande considération et de la confiance de ses concitoyens. Les annales de cette ville nous instruisent qu’en cette année, lorsque l’armée Impériale commandée par le Duc de Lorraine et le général Gallas assiégea cette même ville, il eut le courage de se mettre à la tête de la Bourgeoisie à laquelle il fit prendre les armes et qui se joignit à la garnison qui s’y trouvait et d’opposer à l’ennemi une si vigoureuse résistance qu’il parvint à le forcer de lever le siège. Ses concitoyens crurent ne pouvoir mieux reconnaître ses services essentiels et son zèle qu’en le nommant leur député auprès du feu roi Louis XIII à qui il eut l’honneur d’être présenté par le prince de Condé alors gouverneur de la Province. Ce monarque après avoir eu la bonté d’entendre le récit des différentes circonstances du siège, crut devoir lui en témoigner sa pleine satisfaction en accordant à la ville les privilèges honorables dont elle jouit et en lui accordant à lui-même personnellement des Lettres de Noblesse qu’il a négligé de faire enregistrer. A ces services recommandables se joignent ceux de la famille Mertène et les servcies personnels dudit Sieur Claude Martène, maire de St Jean de Laône et dans les villes voisines des places importantes, elle en a également rempli dans l’ordre militaire sous les règnes des quatre derniers Rois.

Elle compte parmi ses membres le Capitaine Martène, zélé Royaliste, qui durant les guerres civiles et ayant le commandement du château de Laône, alla en 1592 à la tête de sa petite garnison composée de soixante hommes insulter la ville de Seurre qui tenait pour les ligueurs, action dans laquelle il avait eu le malheur de perdre la vie à l’attaque d’un bastion. Dans les dernières guerres, Etienne Martène, cousin germain du sieur Martène, servait dans le régiment de Boulonnais et était à la veille de recevoir la juste récompense de son courage lorsqu’il fut tué dans une affaire où il venait de donner les plus grandes preuves de sa valeur.

Le Sieur Martène est le troisième maire de sa famille qui ait été nommé élu général du Tiers-Etat de la province de Bourgogne et c’est son mérite qui a déterminé depuis 1743 nos commissaires départis dans cette province à lui accorder leur confiance en le nommant et le conservant leur subdélégué de l’intendance. Enfin nous répondons aux désirs du Gouverneur et des Etats de la province en lui confiant les honneurs de la Noblesse.

A ces causes, de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale nous avons annobli et par ces présentes signées de notre main annoblissons ledit Sieur Martène et du titre de Noble et d’écuyer, l’avons décoré et décorons, voulons et nous plaît qu’il soit censé et réputé Noble tant en jugement que dehors ensemble ses enfants postérité et descendans mâles et femelles nés et à naître en légitime mariage ; que comme tels ils puissent prendre en tous actes et en tous lieux la qualité d’écuyer, parvenir à tous les degrés de chevalerie et autres dignités, titres et qualités réservés à notre Noblesse, qu’ils soient inscrits au catalogue des nobles, qu’ils jouissent de tous les droits, privilèges, prérogatives , prééminences, franchises, libertés, exemptions et immunités dont jouissent et ont accoutumé de jouir les autres nobles de notre Royaume tant qu’ils vivront noblement et ne feront acte de dérogeance ; comme aussi qu’ils puissent acquérir tenir et posséder tous fiefs, terres et seigneuries de quelques titres et qualités qu’elles soient. Permettons audit Sieur Martène, ses enfants, postérité et descendans de porter des armoiries timbrées telle qu’elles seront seront réglées et blasonnées par le Sieur d’Hozier, juge d’armes de France, et ainsi qu’elles sont peintes et figurées en ces présentes…….. Donné à la Muette au mois de septembre de l’an de grâce 1782 et de notre règne le neuvième. signé Louis… »

1715-1800 Claude de Martène – Maire héréditaire de Saint-Jean-de Losne, Subdélégué de l’intendance de Bourgogne, Elu général aux Etats de Bourgogne.

localiser Château-Guerre

Laisser un commentaire